Le biome de la savane

Parlons sciences
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9.15

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Renseignez-vous sur l’emplacement géographique, la faune, la flore, les impacts humains et la conservation du biome de la savane.

Les biomes terrestres

Le monde terrestre peut être divisé en secteurs appelés biomes, c’est-à-dire de grandes surfaces de terrain classées selon les plantes et les animaux qu’on y retrouve. Les caractéristiques de chaque biome sont liées à sa température et à la quantité de précipitation reçue. Les plantes et les animaux des biomes sont adaptés à leur environnement particulier.

Un biome est fait de plusieurs écosystèmes. Un écosystème décrit les interactions entre les espèces vivantes et non vivantes dans cet environnement. Alors qu’un biome est la surface géographique dans lequel on retrouve les écosystèmes.

Dans le cadre de ce chapitre, nous avons identifié huit grands biomes terrestres d’après la classification de Whittaker: la forêt tropicale humide, la savane, la prairie, le chaparral, le désert, la forêt tempérée décidue, la forêt boréale ou taïga, et la toundra. Il est intéressant de noter que ce ne sont pas tous les scientifiques qui s’entendent sur le nombre et les types de biomes.

La distribution des grands biomes terrestres

On voit à l'image ci-dessous où sont situés les différents biomes sur la planète. Le Canada en contient quatre : la forêt tempérée décidue, la prairie, la forêt boréale/taïga et la toundra. Un biome se comporte de la même façon, peu importe l’endroit où il se trouve sur Terre. Ainsi, les forêts boréales du Canada ressemblent beaucoup aux forêts boréales de Russie. Les caractéristiques de chaque biome dépendent de son climat, particulièrement de la température et de la quantité de précipitation qu’il reçoit. Dans ce chapitre, nous allons explorer cinq biomes : la forêt tropicale humide, la savane, le désert, la forêt boréale/taïga et la toundra.

Les principaux biomes terrestres
Les principaux biomes terrestres (Parlons sciences adapté de: H.J. de Blij and P.O. Miller. 1996. Physical Geography of the Global Environment. John Wiley, New York. Pp. 290.).

La savane

Lieu

On trouve des savanes partout dans le monde. On en compte cinq types différents.

  • La savane tropicale et subtropicale : près de l’Équateur; elle est bordée de forêts tropicales et de déserts (p. ex. le Serengeti en Afrique).
  • La savane tempérée : dans les latitudes moyennes (p. ex., la savane tempérée du sud-est de l’Australie).
  • La savane méditerranéenne : Près de la Méditerranée, mais également dans les latitudes moyennes (p. ex., la région d’Alentejo au Portugal).
  • La savane inondable : dans les tropiques (p. ex., le Pantantal en Amérique du Sud).
  • La savane montagneuse : en haute altitude (p. ex., les montagnes de l’Angola en Afrique équatoriale).

Description

Si vous pouviez grimper dans un arbre au milieu d’une savane, vous verriez des kilomètres de terrain plat couverts de plantes herbacées courtes et hautes avec ici et là des arbustes nains (petits arbustes) et quelques arbres isolés. Les savanes sont habituellement des zones de transition entre les forêts et les prairies. Cela signifie que même s’il y a toujours de grands arbres, comme dans une forêt, ils sont dispersés, et le sol est couvert de plantes herbacées, comme dans la prairie. Le climat en est aussi un de transition, alternant entre des périodes sèches comme dans le désert, et des périodes humides comme dans la forêt tropicale humide. Il ne pleut pas durant l’hiver et la terre est très sèche. Durant l’été, la pluie est habituellement abondante. Ce sont les pluies saisonnières.

Un acacia dans le Serengeti en Tanzanie
Un acacia dans le Serengeti en Tanzanie (Source : Charles J Sharp [CC BY-SA] via Wikimedia Commons).

Les plantes et les animaux

Parce qu’elle contient beaucoup d’herbe, on y retrouve plusieurs types de mammifères brouteurs (qui mangent de l’herbe) comme les zèbres, les gnous, les éléphants, les girafes, les autruches, les gazelles et les buffles.

Dans la savane africaine, on observe souvent des troupeaux (groupes) d’animaux brouteurs. On trouve dans la savane subsaharienne d’Afrique, la plus grande diversité d’ongulés (mammifères à sabots) sur Terre. Les ongulés incluent les rhinocéros, les girafes, les chameaux, les hippopotames et les éléphants. Plusieurs rongeurs (groupe de mammifères qui comprend les rats et les souris) vivent dans la savane dans des trous menant à des terriers complexes où ils se cachent des prédateurs et restent au frais.

On trouve également dans ce biome des mammifères prédateurs et des oiseaux très bien adaptés. Les mammifères, tant les félidés (p. ex., lions et guépards) que les canidés (p. ex., lycaons – un chien sauvage d’Afrique), ont des couleurs qui leur permettent de se dissimuler dans les hautes herbes. Les rapaces (oiseaux de proie), comme les vautours, les aigles (voir la figure 6) et les autours, ont une vision exceptionnelle et peuvent repérer une créature de très haut dans le ciel, même si elle est très bien camouflée.

Aigle ravisseur (Aquila rapax)
Aigle ravisseur (Aquila rapax) (Source : Yathin S Krishnappa [CC BY-SA] via Wikimedia Commons).

Les animaux brouteurs ont développé des façons d’éviter les prédateurs. Certains animaux comme la gazelle et l’autruche s’échappent des prédateurs en courant plus vite qu’eux. Le grand cou de la girafe lui permet de voir les prédateurs arriver de loin. L’éléphant simplement par sa grosseur et sa force réussit à effrayer les prédateurs.

L’impact de l’humain et la conservation

Durant la saison sèche, les savanes sont sujettes à des feux de végétation, qui sont souvent causés par les humains. Les plantes locales se sont adaptées et reprennent vie après les incendies, mais si ceux-ci sont trop fréquents, l’écosystème peut en souffrir. Les savanes sont souvent utilisées pour l’élevage, ce qui peut nuire aux animaux sauvages, surtout si les fermes occupent les terrains de broutage ou de chasse. Pour développer des terres agricoles, il faut souvent couper des arbres, ce qui détruit l’habitat d’animaux et d’autres plantes qui vivent à proximité de ces arbres. Les fermiers permettent également à leur bétail de brouter dans la savane, privant les animaux sauvages d’une source vitale de nourriture. Ce surpâturage peut avoir des effets négatifs pour les plantes indigènes.

Le braconnage (chasse illégale) est une menace importante pour la faune, particulièrement en Afrique. On chasse les grands herbivores, comme les éléphants et les rhinocéros pour leurs défenses en ivoire et leurs cornes, menaçant ainsi la survie de ces espèces. Lorsqu’un animal est tué par un braconnier, sa mort peut affecter tout l’écosystème.

Un éléphant avec une seule défense
Un éléphant avec une seule défense (Source : Yathin S Krishnappa [CC BY-SA] via Wikimedia Commons).

En plus d’assurer une protection directement pour les animaux sur le territoire, plusieurs pays condamnent les braconniers à des amendes en argent ou même à la prison. Toutefois, la meilleure façon d’arrêter le braconnage est de diminuer la demande pour des produits faits d’animaux exotiques. Si personne n’achète de ses produits, il n’y aura plus le besoin de tuer des animaux!

Comme pour tous les biomes, les changements climatiques représentent une grave menace pour la savane. À mesure que la température de la planète augmente en raison de l’émission de gaz à effet de serre, les événements météorologiques extrêmes, comme des sécheresses (conditions extrêmement sèches), s’intensifient. De plus, lorsque le paysage est modifié par l’humain comme nous l’avons décrit plus haut, les savanes sont plus susceptibles d’être inondées ou de brûler de façon incontrôlée.

Des méthodes d’agriculture durable peuvent être mises en œuvre pour protéger la terre et la faune. Cela peut signifier faire pousser plus d’un produit sur un même lopin de terre afin d’utiliser moins d’espace, ou encore intégrer des arbres ou d’autres plantes indigènes dans les champs cultivés au lieu de les abattre ou de les couper. Afin d’empêcher le bétail de faire concurrence aux animaux sauvages, certains éleveurs nourrissent leurs animaux dans des mangeoires plutôt que de les laisser brouter dans la savane. Des organismes environnementaux et gouvernementaux ont pris des mesures sérieuses pour lutter contre le braconnage et le trafic illégal d’animaux sauvages.

 

Références

Actman, J. (2019). Poaching animals, explained. National Geographic.

Ducksters. (n.d.). Biomes: Savanna grasslands.

Great Pacific Media. (2010). Biomes savanna.