Le cadeau de l’apprentissage et de l’espoir

Le cadeau de l’apprentissage et de l’espoir

Lorsqu’on vit une période éprouvante comme la pandémie de la COVID-19, voir de l’espoir se profiler à l’horizon peut aider. Parlons sciences a lancé le projet Horizon, en 2020, alors que les écoles du pays ont dû prendre le virage virtuel. Ce projet a visé à fournir des trousses pédagogiques aux enfants de la 4e à la 6e année qui auraient pu être laissés pour compte pendant la crise.

Chaque trousse comprenait un livret très coloré d’activités sur les sciences, la technologie, l’ingénierie, les mathématiques (STIM) et l’alphabétisation, du matériel pour réaliser des activités pratiques, un livre de niveau de lecture approprié et plus encore. On y trouvait également un message inspirant de l’astronaute canadien Chris Hadfield, et sans compter une foule de carrières STIM mises en vedette pour aider les enfants à réfléchir à leur avenir.

Les trousses ne nécessitaient pas de technologie informatique, d’accès à Internet ni la supervision d’adultes – elles faisaient simplement appel à l’imagination. Elles ont été distribuées d’août à novembre par des banques alimentaires, des groupes autochtones et d’autres partenaires communautaires dans chaque province et territoire.

Beaucoup trop d’enfants se souviendront de la pandémie comme du moment le plus effrayant de leur vie. C’est le cas pour les enfants en général, mais particulièrement pour ceux et celles vivant en milieu socioéconomiquement défavorisé. Le recours aux banques alimentaires a monté en flèche en raison de la COVID-19 et le manque d’accès aux appareils et à Internet a entraîné l’isolement de nombreux jeunes.

Le projet Horizon n’avait pas pour but de remplacer ce que les enfants ont perdu à cause de la fermeture des écoles ni de remédier aux problèmes d’équité. L’objectif était plutôt de nature personnelle et fondamentale : transmettre le message que quelqu’un se soucie de ces enfants.

« Nous avons voulu offrir le cadeau de l’apprentissage et de l’espoir », explique Bonnie Schmidt, présidente et fondatrice de Parlons sciences.

Lorsque Mme Schmidt a constaté comment la pandémie frappait les enfants de milieux vulnérables, elle ne savait pas exactement ce qu’allait faire Parlons sciences. Mais elle savait une chose : « Nous devions agir ».

Miser sur le partenariat

Kits d'emballage pour chaînes de montage

Le projet Horizon a été une initiative ambitieuse menée en association avec Banques alimentaires Canada, qui a mobilisée près de 300 organismes.

Il a fallu tout trouver, comme plus de 113 000 kilogrammes de ressources pédagogiques, dont 4,5 millions de perles pour les activités de programmation « débranchées », et autre matériel de base.

« Les banques alimentaires nous ont dit qu’il ne fallait même pas compter sur le fait que les familles avaient des crayons à la maison. Un de nos plus gros problèmes a été de trouver du ruban adhésif », se rappelle Mme Schmidt.

Rien n’a été facile à un moment où la pandémie perturbait les chaînes d’approvisionnement. Ensuite, il y a eu les difficultés liées à la logistique d’assembler puis d’expédier les trousses.

Le projet a permis de distribuer près de 75 000 trousses en anglais et en français à des jeunes de 9 à 12 ans, dont plus de 13 000 à des jeunes Autochtones. Cette initiative nous a rappelé qu’il n’est pas nécessaire d’avoir accès à la technologie pour continuer d’apprendre : tout ce qu’il faut est de la curiosité.

Inspirer les jeunes plus vulnérables

« À cet âge, les enfants aiment généralement aller à l’école, ils sont super curieux et peuvent travailler de façon autonome, affirme Mme Schmidt. La science est une plateforme pour poser des questions sur le monde. »

Bien que cela soit vrai, les enfants de cet âge sont également plus susceptibles de se désintéresser. « Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser qui que ce soit derrière. Le projet Horizon vise à envoyer un signal bienveillant aux jeunes vulnérables, à leur montrer que nous croyons en eux et qu’apprendre est la clé de leur avenir. »

Les jeunes ont également été invités à participer à un tirage pour gagner un de plus de 200 prix éducatifs. Pour participer, il fallait dessiner ou écrire ce qui intéresse les jeunes lorsqu’ils et elles rêvent de l’avenir, ou relever le défi « Les petits inventeurs » et concevoir une solution pour améliorer la santé des océans. Une enveloppe préaffranchie était fournie.

enseignante et étudiante

Comme le fait remarquer Mme Schmidt, la pandémie a mis en évidence l’importance de la culture scientifique et de la confiance du public envers la science. Parlons sciences encourage l’apprentissage des STIM par le biais du projet Horizon et de toute son offre, et favorise l’acquisition de précieuses habiletés en pensée critique, en résolution de problèmes et en prise de décisions.

La collaboration en temps de crise

En plus des avantages qu’il a procurés aux jeunes, le projet Horizon s’est révélé être une formidable occasion pour Parlons sciences de se faire des amis. Lors de notre recherche d’organismes communautaires pour la distribution des trousses à l’échelle locale partout au pays, il a été merveilleux d’entendre un « oui » retentissant. Horizon a été une vitrine de collaboration et d’innovation en temps de crise.

Parmi les principaux partenaires figurent Scholar’s Choice (fourniture de matériel), First Book Canada et la Fondation Rideau Hall (fourniture de livres de lecture), Mormark Print Productions et Fraser Direct (emballage des trousses), Purolator (soutien à l’expédition) et Arctic Buying Company (expédition dans les territoires et le nord du Manitoba).

L’accroissement des effectifs pour l’assemblage des trousses en temps de pandémie a été un défi particulier. « Fraser Direct a indiqué que ça a été un de ses projets les plus compliqués jamais entrepris », fait remarquer Mme Schmidt.

Les premières réactions des enfants ont été encourageantes. On espère avoir inspiré les jeunes à rêver à leur avenir (« C’est déjà en eux », dit Mme Schmidt), mais surtout à s’amuser en explorant les STIM.

Cette année en a été une de validation d’un besoin, de conceptualisation d’un projet, de ralliement de nombreux organismes communautaires partageant la même vision et de distribution des trousses. La pleine portée du projet Horizon pourra être mesurée en 2021.

Dans un sens, il se peut que nous constations la réussite ultime du projet seulement dans de nombreuses années. C’est à ce moment-là que les enfants d’aujourd’hui pourront se souvenir de la pandémie et « d’au moins un point positif », se réjouit Mme Schmidt.

Les jeunes pourront se dire – et le pensent déjà –, « Quelqu’un a pensé à moi ».

Remerciements

Parlons sciences tient à remercier ses partenaires dont la vision a alimenté la réalisation de ce projet, ainsi que ses nombreux donateurs qui ont généreusement contribué au projet.