Inspirer les jeunes d’un quartier défavorisé

Inspirer les jeunes d’un quartier défavorisé

Une bénévole devenue modèle à suivre en STIM auprès des jeunes d’un quartier défavorisé

Shalini fait une expérience

« J’ai vraiment établi un lien avec ces élèves lorsque nous nous sommes rencontrés en personne, affirme la jeune femme. Les jeunes m’ont dit : “Je veux devenir scientifique comme vous”. Moi, je n’ai pas eu de modèle quand j’étais petite. » - Shalini Iyer, étudiante à la maîtrise en neurosciences à l'Université York.

Shalini Iyer sait que pour une partie des élèves, les leçons les plus significatives et l’inspiration proviennent parfois hors des murs de l’école. Lorsqu’elle prépare des activités scientifiques pour les jeunes du quartier Jane and Finch de Toronto, elle fait plus que proposer un programme parascolaire amusant. Elle devient un modèle.

Shalini Iyer est étudiante à l’université et bénévole à Parlons sciences, en plus d’avoir travaillé comme adjointe aux programmes à la San Romanoway Revitalization Association (SRRA) l’an dernier.

La SRRA est un organisme de services sociaux qui vise à créer un environnement plus sain et sûr pour les enfants et les jeunes de la collectivité. Elle le fait par le biais de programmes de petits déjeuners et d’activités parascolaires qui améliorent les compétences d’apprentissage nécessaires à la réussite à long terme, à l’école comme dans la vie. Ces programmes sont offerts dans un centre communautaire non loin de la SRRA, dans le quartier de Jane and Finch de Toronto, en Ontario.

Les enfants qui y participent sont d’horizons variés. Comme beaucoup de jeunes avec lesquels elle a travaillé au centre, Shalini est une personne de couleur. Lorsqu’elle avait leur âge, elle ne voyait pas beaucoup de personnes comme elle dans certaines carrières.

« Voir une telle représentation peut avoir un réel impact », affirme-t-elle. En décembre 2019, elle a obtenu son diplôme de premier cycle en sciences biomédicales et en psychologie à l’Université York. Puis, en septembre 2020, elle est devenue candidate à la maîtrise en neurosciences, toujours à York. Elle fera de la recherche sur le développement du cerveau en lien avec les troubles du spectre de l’autisme.

Le partenariat entre Parlons sciences et la SRRA a débuté en 2017 grâce à la collaboration et au soutien financier de la Gordon & Ruth Gooder Charitable Foundation. Parlons sciences a commencé à travailler avec la SRRA afin de favoriser un apprentissage stimulant des STIM chez les jeunes qui n’ont normalement pas accès à des scientifiques en classe. Shalini n’a pas eu l’occasion de voir des modèles scientifiques lorsqu’elle était jeune et vivait dans un quartier semblable, non loin de là.

« Parmi mes enseignants et enseignantes, un ou deux nous ont montré des expériences scientifiques cool », mais c’est tout. Dans sa collectivité (que dessert la SRRA) et d’autres similaires, les ressources sont rares. La population est moins aisée et beaucoup d’enfants sont considérés comme étant marginalisés, les plus vulnérables. « C’est formidable que Parlons sciences visite ces secteurs », se réjouit Shalini.

L’apprentissage a changé les perceptions

Parlons sciences vise à exposer tous les enfants et les jeunes à l’apprentissage pratique des STIM. Les expériences réalisées à la SRRA visent à changer la façon dont les jeunes perçoivent les sciences.

« Nous montrons aux jeunes que la science est partout, qu’elle s’applique dans la vie réelle et qu’elle est intéressante bien au-delà de l’école », d’expliquer la jeune femme. »

Rayonnement virtuel de Shalini

En tant qu’adjointe aux programmes, Shalini a participé au programme parascolaire trois fois par semaine avec tous les groupes : maternelle à la 3e année, 4e à 6e année et 6e à 8e année. Les activités étaient variées : de la programmation à l’aide de micro:bit à la fabrication de fossiles, en passant par la conception d’une catapulte. Les étudiants et étudiantes de la faculté d’éducation de l’Université York ont collaboré avec Shalini dans le cadre de stages, et ont ainsi participé à la présentation de ces stimulants contenus.

Lorsque le monde a commencé à se confiner, toutes les activités en personne ont été interrompues. Mais Parlons sciences a fourni des cahiers d’activités et du matériel axés sur les STIM que les enfants ont pu utiliser à la maison. « Les enfants étaient tellement heureux de recevoir tout cela, certains en ont même demandé plus. »

Afin de poursuivre l’apprentissage chez les élèves, Parlons sciences a commencé à offrir des activités pédagogiques sur les STIM à la SRRA, à distance grâce à Zoom. « Nous avons transformé nos activités de sensibilisation afin de les présenter en mode virtuel. »

Selon Shalini, ces activités permettent aux élèves d’approfondir leur compréhension des STIM et les aident à voir la science dans le monde qui les entoure. Par exemple, lorsqu’elle a commencé, elle posait des questions comme « Y a-t-il de la science dans l’art? ». Au début, les élèves répondaient non. Elle évoquait alors des choses comme la façon dont la peinture est mélangée ou adhère au papier. Les ateliers étaient conçus pour correspondre aux intérêts des enfants, comme l’art et le sport ou la création de jeux d’ordinateur. Après plusieurs séances, vers la fin de l’année, elle posait la même question et les élèves répondaient cette fois par l’affirmative et pouvaient expliquer pourquoi.

L’apprentissage semble également s’être poursuivi à la maison, avec les parents ou autres adultes, ce qui a contribué à renforcer les notions scientifiques présentées dans le programme.

Un programme qui dissipe les stéréotypes

Au début, une partie des enfants acceptaient le fait que la science est partout mais n’arrivaient pas à l’expliquer précisément. Mais à mesure que le programme parascolaire a avancé, de plus en plus ont vu l’interconnexion entre la science et tous les volets de la vie. C’est de cette façon qu’on peut en venir à relier toute une variété de carrières aux STIM.

Mais est-ce que les jeunes peuvent s’imaginer avoir un avenir en sciences? Lorsqu’on leur demande de dessiner une personne scientifique, les dessins des jeunes de la SRRA représentent maintenant des personnes de couleur et une proportion égale d’hommes et de femmes. Cela indique comment le programme a dissipé certains stéréotypes associés aux emplois en STIM.

Codage des étudiantes et des bénévoles sur un ordinateur

Si on leur demande qui ils et elles connaissent dans le domaine scientifique, la majorité des enfants répondent « Parlons sciences » et les noms des membres du personnel et des bénévoles de Parlons sciences. Il est clair que Parlons sciences a une influence positive sur le lien que font les enfants avec les sciences, et qu’il est important de présenter aux jeunes des modèles en STIM.

Shalini se souvient d’une élève à l’aube du secondaire qui essayait de relever un défi d’ingénierie. Elle hésitait à se lancer, peut-être parce qu’elle était une des rares filles parmi de nombreux garçons. Elle a fini par s’ouvrir et à poser des questions à la bénévole sur la façon de devenir une scientifique et sur les cours à prendre au secondaire pour amorcer le bon parcours d’apprentissage.

Shalini Picture

« Elle avait seulement besoin d’un peu d’assurance, de ce coup de pouce, d’une personne pour lui dire que ses idées étaient bonnes », explique Shalini.

Mais travailler avec la SRRA a également eu un effet sur la jeune bénévole. Elle voulait redonner à la collectivité et inspirer les élèves à suivre un parcours semblable au sien. Elle dit en avoir également tiré « de précieuses expériences et compétences que j’emporterai avec moi tout au long de ma carrière scientifique ».

Le fait d’avoir établi des relations avec les élèves et cherché des stratégies pour maintenir leur intérêt a été extrêmement bénéfique pour Shalini.

« Cela m’a donné l’occasion d’utiliser ma pensée critique et de sortir des sentiers battus. Être en mesure de concevoir des projets créatifs et de résoudre des problèmes de façon innovante est une habileté clé utilisée au quotidien par une chercheuse comme moi. En recherche, il est très facile de s’empêtrer dans le jargon scientifique. Mon travail d’adjointe aux programmes a renforcé mes compétences en “décomposition” et en communication, m’ayant appelée à simplifier des concepts scientifiques complexes pour différents auditoires. »

Ce qui est le plus gratifiant pour Shalini Iyer, c’est l’enthousiasme qu’elle a vu chez les jeunes et l’idée qu’elle a peut-être allumé une étincelle.

Elle raconte qu’aucune semaine n’est passée sans que les élèves lui demandent avec empressement « Faisons-nous une activité Parlons sciences aujourd’hui? Que ferons-nous? » « Ils fouillaient mes sacs du regard pour essayer de voir quelle activité s’y cachait, les yeux tout fébriles. J’espère avoir touché le cœur des jeunes de la SRRA et leur avoir fait vivre une expérience éducative mémorable. »

Merci à nos organismes donateurs

Le partenariat entre Parlons sciences et la SRRA a débuté en 2017 grâce à la collaboration et au soutien financier de la Gordon & Ruth Gooder Charitable Foundation. Depuis 2017, grâce à ce généreux soutien, Parlons sciences est en mesure d’offrir toute l’année des activités pratiques d’apprentissage des STIM aux élèves de la maternelle à la 8e année (2e secondaire).

En 2019, la Fondation Aubrey & Marla Dan a également commencé à financer cette importante initiative pour permettre à Parlons sciences d’accroître sa capacité à fournir des expériences significatives et positives non seulement à la SRRA, mais aussi aux bénévoles de Parlons sciences, à l’adjoint ou l’adjointe aux programmes, au personnel de l’association et aux parents.