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Globe and Mail

Parlons sciences et la Société royale du Canada se sont associés pour offrir aux lecteurs du Globe and Mail une couverture pertinente des enjeux qui nous concernent tous, de l'éducation à l'impact des avancées scientifiques. Cet article a d’abord été publié sur le site du Globe and Mail.


Johanna Busch est spécialiste de l'éducation au sein de l'équipe de développement numérique chez Parlons sciences

En tant qu’enseignante de sciences, je me sentais prête à enseigner les changements climatiques aux élèves. J'ai préparé des activités pratiques démontrant comment les gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère piègent la chaleur. J'ai trouvé des dizaines d'articles et de vidéos traitant des différents impacts sur les écosystèmes et des stratégies d'adaptation.

Ce à quoi je n'étais pas préparée, ce sont les fortes réactions émotionnelles de mes élèves. L'apprentissage des changements climatiques a plongé certains élèves dans des cycles d'anxiété, certains nécessitant même un soutien clinique. Ils et elles ont posé des questions pour savoir si c'était la fin du monde et si nous étions tous condamnés.

Peut-on les blâmer ? Les changements climatiques peuvent être un sujet effrayant. Les jeunes sont frustrés d'être confrontés à une série de problèmes et d'avoir l'impression qu'on attend d'eux qu'ils les résolvent tous. Les effets du changement climatique sur la santé mentale sont de plus en plus étudiés. Selon la Dre Anna Weinberg, psychologue clinicienne à l'Université McGill et membre du Collège de nouveaux chercheurs et créateurs en art et en science de la Société royale du Canada, le sentiment d’impuissance, l'imprévisibilité et l'incertitude inhérentes aux changements climatiques les rendent particulièrement anxiogènes.

Comme pour de nombreux sujets scientifiques, il ne suffit pas d'expliquer aux jeunes les processus et les mécanismes des changements climatiques. Lorsqu'ils et elles discutent de sujets aussi variés que les vaccins ou la fonte des glaciers, les adultes doivent être prêts à soutenir les jeunes sur le plan émotionnel, lorsque ces sujets difficiles sont abordés. Voici quelques stratégies pour y parvenir :

  1. Écoutez et validez leurs sentiments.
    Écoutez activement ce que les jeunes ressentent après avoir lu un article sur les feux de forêt ou les sécheresses. Validez leurs sentiments en leur expliquant qu'il s'agit de réactions émotionnelles tout à fait normales face à une situation effrayante. Assurez-vous qu'ils et elles comprennent que leur voix est importante. Nous avons désespérément besoin des nouvelles perspectives et de l'innovation que les jeunes apportent à cette conversation.
     
  2. Faites savoir aux enfants et aux jeunes qu’ils et elles ont un pouvoir d’action sur la façon dont ils et elles réagissent.
    Selon la Dre Weinberg, le fait de donner aux jeunes le choix de la façon dont ils et elles veulent agir peut les aider à se sentir plus autonomes et maîtres de la situation. Les jeunes ne sont peut-être pas en mesure de contrôler la situation, mais ils et elles peuvent contrôler leur réaction. Aidez les jeunes à explorer les différentes façons dont ils et elles pourraient agir, soit en changeant certains de leurs comportements personnels, soit en militant à plus grande échelle.

    Par exemple, les jeunes pourraient choisir de réduire les déchets en utilisant moins de sacs en plastique, en surcyclant au lieu d'acheter de nouveaux articles, ou en écrivant des lettres aux politiciens et politiciennes pour demander une réglementation visant à limiter les déchets plastiques. Demandez-leur leur avis sur la manière la plus efficace d'agir et soutenez-les dans cette démarche.
     
  3. Établissez des liens avec d'autres personnes qui s'occupent de ce problème.
    Tous les problèmes semblent plus faciles à résoudre lorsqu'on n'est pas seul à les affronter. Aidez les jeunes à entrer en contact avec d'autres personnes de votre communauté qui luttent contre les changements climatiques. Il peut s'agir de rejoindre - ou de créer - un club écolo à l'école ou dans la communauté, ou d'organiser un échange de vêtements avec leurs amis et camarades de classe.

    Les jeunes sont intelligents. Ils savent qu'une personne qui choisit de se rendre à l'école à vélo plutôt qu'en voiture ne réduira pas de façon mesurable les émissions de gaz à effet de serre. Cependant, le fait de participer à un projet de plus grande envergure permet aux jeunes de voir comment leurs actions peuvent faire la différence si de nombreuses personnes y participent. Par exemple, le projet La mode pour le monde de Parlons sciences encourage les élèves à partager leur action contre les changements climatiques avec d'autres enfants et jeunes du Canada. Des projets comme celui-ci aident les jeunes à comprendre qu'ils ne sont pas personnellement responsables de la résolution de ce problème. Ils et elles travaillent ensemble avec d'autres personnes dans le monde entier.

Enseigner les faits et les mécanismes d'un sujet scientifique n'est pas suffisant pour les jeunes. Leurs réactions émotionnelles et leurs expériences de vie sont essentielles à la manière dont ils et elles traitent et maîtrisent les nouvelles connaissances scientifiques. Le soutien socio-émotionnel peut les aider à donner un sens à des sujets difficiles, des vaccinations aux changements climatiques. L'utilisation de ces stratégies peut vous aider à établir des relations plus profondes avec les enfants et les élèves de votre entourage et à leur donner les moyens de s'attaquer à des problèmes difficiles.